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L’éducation de la philanthropie devient essentielle

Les causes et les défis (réchauffement climatique, crise sanitaire, disparition de certaines espèces de la faune, feu de forêt en Amazonie, guerre en Ukraine, etc.) que relèvent la philanthropie ne cessent de croitre dans nos sociétés. Malheureusement au Canada, les générations plus vielles représentent encore un pourcentage plus élevé de donateurs que les jeunes. Chez ces derniers, d’ailleurs, les statistiques démontrent qu’elles sont encore en lentes progression malgré la croissance des dons. Le dernier rapport d’Épisode sur l’Étude de la Philanthropie[1] au Québec en 2021, ressort que les individus de la Génération Y ont réduit leurs dons depuis 2018 et les X l’ont également réduit entre 2020 et 2021. Quant à la Génération Z, elle a connu qu’une légère augmentation. Alors que les 70% de la génération mature,67% des baby-boomers ont donné ou prévoyaient donner malgré qu’ils étaient les plus touchés durant la crise.

Face aux diverses problématiques croissantes, la philanthropie devient un enjeu sociétal pouvant participer à améliorer les conditions de vie des populations.

C’est la raison pour laquelle il devient pertinent d’éduquer et d’insérer la culture du don chez les jeunes. Ce qui permettrait d’impacter leur capacité à être plus charitable en grandissant.

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L’éducation de la charité

Le nombre des organismes de bienfaisance ne cesse de croitre tout autant que la montée des causes à défendre. Sur le site en ligne de l’Agence du Revenu du Canada, on dénote 86248 organisations enregistrées. Soit plus de 248 par rapport aux chiffres en 2018. Le montant global des dons quant à eux, augmentent certes mais avec une faible proportion de jeunes.

L’autre problématique est qu’une grande génération de grands donateurs fidèles commence à s’éclipser (Porte-parole, 2022)[2]. Concernant les études, elles ne prouvent, pas encore, que la jeune génération malgré leurs diverses implications aux défis sociaux demeure fidèle aux organismes de bienfaisance.

Un troisième conflit que rencontre présentement le secteur actuellement, est sans équivoque l’adaptation aux nouvelles générations de donateurs. Pour faire simple, elles n’ont plus le choix que de déployer de grands efforts monétaire et marketing pour lever un niveau de fonds conséquent. Ce qui entraine par conséquent une pensée que « la philanthropie c’est que du monétaire » chez les jeunes.

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L’empathie et la solidarité lié à la philanthropie semble également moins perdurer chez les jeunes pour laisser place à la charité monétaire. Or, la philanthropie, par définition, représente « une action volontaire pour le bien public » (Payton et Moody, 2008, p3)[3]. Cette action de surcroit peut se réaliser de plusieurs manières et par divers types de donation que ce soit par exemple comme don testamentaire, du bénévolat pour l’environnement, ou encore les dons en ‘temps’.

Des études récentes réalisées chez des enfants du primaire au Royaume-Uni en 2019 puis à l’année 2020 ont ressorti que moins de 20 % des enfants avaient conscience de la cause à laquelle ont leur demandaient de participer à l’école lors des journées caritatives[4]. En effet, les décisions de don sont imposées aux enfants par les adultes lors des journées caritatives. En leur imposant ainsi ces décisions dès le bas âge, les enfants ne peuvent donc pas comprendre le processus altruiste derrière l’objectif des dons qu’est celui du changement ou de l’amélioration sociale.

De plus, l’école et la famille, représente ce qui forge la personnalité d’un enfant. Ainsi, un enfant qui ne comprend pas ou n’a pas acquis la culture empathique et solidaire aura du mal à porter des actions plus sociales en devenant adulte.

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Comment motiver la jeune génération à devenir des donateurs importants?

Dix manières de développer la philanthropie chez les jeunes

Le premier milieu qui influence l’engagement des jeunes dans les actions philanthropiques est bien évidemment la famille. Les enfants passent le plus de temps avec leur famille qui agit sur leurs différentes connexions cognitives et sur leurs divers comportements en tant qu’individu. La même chose s’observe en ce qui concerne le bénévolat et les dons caritatifs. Que ce soit de manière culturelle, religieuse ou juste volontaire, les parents ou des membres de la famille peuvent s’engager dans des actions charitables et influencé les enfants.

Crédit photo Photo de Ron Lach pexels

Le second milieu représente l’école. L’école est un lieu d’éducation mais aussi un espace où les enfants en communauté participent à des activités caritatives et de bien-être. De ce fait, l’implication de ces derniers aux activités devrait être supporté par l’implication des enseignants de mieux les expliquer le bien fondé de ces actes caritatifs et de leur nécessité pour la société. Ils doivent donc s’appuyer sur des motivations « intrinsèques et sur le développement de l’attention à l’autre plutôt que de faire partie d’une éducation morale prescriptive » (Body et al., 2020). Les enseignants quant à eux doivent favoriser et autoriser les questionnements des enfants sur ces activités et l’objectif de l’école à travers ceux-ci.

De nouvelles approches d’enseignement ont d’ailleurs émergé ces dernières années comme la philanthropie expérientielle. La philanthropie expérientielle[5] est selon Ahmed & Olberding, 2007/2008[6], « une approche d’enseignement et d’apprentissage qui offre aux étudiants la possibilité d’étudier les problèmes sociaux et les organisations à but non lucratif, puis de prendre des décisions concernant l’investissement de fonds dans ces derniers » afin de donner la possibilité aux étudiants de pratiquer le volontarisme.

Une participation à ce type de cours a développé chez les étudiants des effets positifs sur leur désir accru de s’impliquer dans leur communauté et de comprendre les rôles des organismes de bienfaisance et leur fonctionnement.

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Le dernier point éducatif est présenté par les médias. Les médias ont aujourd’hui un poids incommensurable dans l’éducation des enfants et des jeunes. Que l’on l’accepte ou non, la génération présente et celle future naissent avec des technologies développées et passent la majorité de leur temps sur les réseaux sociaux et la télévision. Ces derniers impactent également les attitudes des enfants et des jeunes face au don ou aux comportements de don (Body et al., 2020)[7].

Des contenus plus empathiques et diriger vers des actions philanthropiques peuvent faciliter la culture altruiste. C’est par exemple déjà le cas de certains contenus de l’entreprise Disney.

Finalement, il demeure aux pédagogues que ce soit à la maison, en famille ou à l’école d’apporter une connexion émotionnelle, empathique, solidaire et social dans le cœur des enfants et jeunes afin de créer des désirs positifs de participer à leur communauté en tant que donataire et bénévole dans le but de relever les défis sociétaux.


[1] 2021_Mise+au+point_Étude+sur+les+tendances+en+philanthropie+au+Quebec(L).pdf (squarespace.com)

[2] https://porteparole.org/fr/appuyez-nous/enquete-sur-la-culture-du-don-page-principale/partie-2/?utm_source=Porte+Parole&utm_campaign=Campagne+2022

[3] Payton, R. L., & Moody, M. P. (2008). Understanding philanthropy: Its meaning and mission. Indiana University Press.

[4] Body A, Lau E and Josephidou J (2019) Our charitable children: Engaging children in charities and charitable giving. University of Kent; Canterbury Christ Church University. Available at: http://oro.open.ac.uk/70083/1/our-charitable-children-research-report-April-2019.pdf (accessed 15 September 2020).

Body A, Lau E and Josephidou J (2020) Engaging children in meaningful charity: Opening‐up the spaces within which children learn to give. Children & Society 34(3): 189–203.

[5] McDougle, L., McDonald, D., Li, H., McIntyre Miller, W., & Xu, C. (2017). Can philanthropy be taught?. Nonprofit and Voluntary Sector Quarterly46(2), 330-351.

[6] Ahmed, S., Olberding, J. (2007/2008). Can student philanthropy help to address the current nonprofit identity crisis? A case study of a multiyear, multidisciplinary project at Northern Kentucky University. Journal of Public Affairs Education, 13, 593-615.

[7] Body, A., Lau, E. and Josephidou, J. (2020), Engaging Children in Meaningful Charity: Opening-up the Spaces within Which Children Learn to Give. Child Soc, 34: 189-203. https://doi.org/10.1111/chso.12366

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